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mercredi 7 novembre 2018

Budget Italien, vers un renforcement du Mécanisme Européen de Stabilité ?

Economie - Finances, -,

Lundi, les ministres de la zone euro ont demandé à l’Italie de changer son projet de budget 2019 ainsi que de respecter les règles budgétaires de l'Union européenne. Cette situation représente un enjeu pour l’Italie qui risque une procédure de déficit excessif à cause de sa dette trop élevée. Elle repr...

Un enjeu européen

La situation italienne remet tout d’abord en cause le projet d’intégration des économies européennes. Celui-ci prévoyait notamment la création d'un dispositif commun de garantie des dépôts bancaires, d'un... Lire la suite

Lundi, les ministres de la zone euro ont demandé à l’Italie de changer son projet de budget 2019 ainsi que de respecter les règles budgétaires de l'Union européenne. Cette situation représente un enjeu pour l’Italie qui risque une procédure de déficit excessif à cause de sa dette trop élevée. Elle représente surtout un enjeu pour les pays européens. En effet, troisième économie de la zone euro, la question du budget italien remet en cause la monnaie commune des dix-neuf pays, leurs projets d'intégration économique plus poussée ainsi que le mécanisme européen de stabilité.



Un enjeu européen

La situation italienne remet tout d’abord en cause le projet d’intégration des économies européennes. Celui-ci prévoyait notamment la création d'un dispositif commun de garantie des dépôts bancaires, d'un budget de la zone euro, de règles communes de restructuration des dettes et d'un renforcement du fonds de résolution bancaire de la région. Le conflit entre Rome et Bruxelles remet en question cette intégration.

La mauvaise santé économique de l’Italie renvoie aussi l’UE à ses mécanismes de soutien dont le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) utilisé en Grèce en 2012. L’utilisation du « FMI européen » fournissant une assistance aux pays de la zone euro affectés ou menacés par des difficultés financières avait mené à un aggravement de la situation économique de cette dernière dû aux conditions d’accès à l’aide très strictes et aux réformes qui lui avaient été imposées. Plusieurs pays souhaitent donc que cet outil soit réformé.

Enfin, le dépassement de la règle du déficit et de la dette établissant  que le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3 % du produit intérieur brut (PIB) et que la dette publique (dette de l’État et des agences publiques) ne doit pas dépasser 60 % du PIB par l’Italie conduit l’UE à s’interroger sur son manque de rigueur et d’équité par rapport aux autres pays européens : « Si nous acceptons le dépassement de déficit, certains pays risquent de nous insulter en disant que nous avons été trop flexibles avec l’Italie », a affirmé Jean-Claude Juncker.

Deux visions économiques opposées

Alors que Bruxelles préconise un abaissement de la dette et du déficit, l’Italie a présenté un plan qui porterait son déficit budgétaire à 2,4 % de son PIB par rapport à l’objectif de 0,8 % fixé par le gouvernement précédent. Ce sont deux visions de l’économie qui s’opposent : pour Bruxelles, la dette est vue comme « l’ennemie de l’économie » comme l’a affirmé Pierre Moscovici. De son côté, le Premier ministre italien, Guiseppe Conte, adopte une posture plutôt Keynésienne : le 16 octobre, il a affirmé devant le parlement italien que ces dépenses supplémentaires étaient nécessaires afin de stimuler les investissements dans le pays. « Nous sommes convaincus que la voie de la politique d’austérité est une impasse. »

Vers un renforcement et un durcissement du MES ?

Le 1er novembre, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Suède et les Pays-Bas ont publié un document en faveur d’un renforcement du Mécanisme européen de stabilité (MES). Dans ce document, le groupe déclare qu’il s’engage à faire en sorte que le MES soit « correctement équipé pour faire face à tous les défis futurs ». Le groupe à l’initiative de la fronde est aussi en faveur d’un durcissement des contions d’accès au fonds de 500 milliards d’euros. Selon eux, le MES ne devrait intervenir « qu’en cas d’extrême nécessité, uniquement si la stabilité financière européenne de tous les États membres en dépend ».

Mais la mise en place d’une conditionnalité plus stricte comporte des désavantages. Tout d’abord, il risque de faire peur aux pays éligibles pour un plan de sauvetage précoce auxquels s’ajoute la difficulté d’avoir accès à un financement préventif sans être « stigmatisé » aux yeux des investisseurs. Or, plus tôt l’économie est aidée, moins la crise aura de chances de s’étendre. D’autre part, le fait de conditionner l’aide du MES n’a pas fait ses preuves et, dans le cas de la Grèce, s’est même avérée contreproductive, enfonçant le pays dans un cercle vicieux de récession et d’insolvabilité.  

 

Alors que l'Italie a jusqu'au 13 novembre pour envoyer un projet de budget révisé pour 2019 à Bruxelles, les dirigeants de la coalition qui réunit la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, "anti-système") ont exclu à plusieurs reprises de faire des concessions. Les dissensions entre l’Union européenne et les états membres continuent à se creuser. 



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